La COP21… où en est-on maintenant?

La COP21, cela paraît déjà si loin ! Dans l’effervescence actuelle, entre crise des réfugiés et terrorisme, on l’a un peu oubliée. Alors une fois les lampions éteints, que se passe-t-il maintenant ? Sous le titre assez large : Changement climatique : pourquoi ? Comment ? Quoi faire… l’Institut Français de Bonn a décidé de consacrer une conférence à ce thème. Des experts vont essayer d’ouvrir une perspective franco-allemande…

Une prise de conscience générale, une diplomatie française en finesse et en efficacité , un résultat contraignant : il y avait enfin de quoi se réjouir en cette fin d’année 2015 avec l’accord conclu à la COP21. Pour moi qui ai connu, en tant que journaliste chargée des questions environnementales, le revers de la conférence de Copenhague (2009), cette issue heureuse m’a réjouie.

bearb Accord Climat

Un accord historique/copyright COP21/ Stadt Bonn

Reste que de nombreux points sont encore en suspens, les sujets de friction ayant été habilement évacués – comme par exemple les compensations pour les pertes et dommages causés aux pays pauvres par le changement climatique. Six experts ont donc été convoqués par l’Institut français en coopération avec le  Secrétariat de l’ONU sur le climat UNFCCC ainsi que la Maison de l’Histoire de Bonn (Haus der Geschichte) pour débattre des perspectives de cet accord. Citons brièvement entre autres la secrétaire exécutive de l’UNCCD Monique Barbut, le Président de Germanwatch Klaus Milke, Vincent Moron professeur au  CEREGE (Centre Européen de recherche et d’Enseignement des Géosciences de l’Environnement) de l’Université Aix-Marseille ou Jean-Louis Bal, Président du SER (Syndicat des Energies renouvelables). (1)

 

Un avenir vert franco-allemand?

L’Institut français a choisi la date du 22 janvier – qui est celle de la journée franco-allemande – pour ce débat : c’est une bonne idée sauf que cela commence assez mal. Les deux partenaires qui aimeraient bien se profiler comme leader dans le domaine environnemental se sont fait épingler en début d’année. Du côté allemand, le talon d’Achille est bien sur son exploitation du charbon, très polluante en ce qui concerne l’émission du gaz à effet de serre CO2 et qui représente encore 45% de son mix énergétique. Malgré ses efforts et ses résultats spectaculaires en matière d’économie d’énergie et de promotion des renouvelables, l’Allemagne n’est pas le Mr. Propre de l’Europe. Après des mois de discussions virulentes, la coalition au pouvoir (conservateurs et sociaux-démocrates) a fini par se mettre d’accord cet été pour l’arrêt de centrales au lignite d’une taille de 2,7 gigawatt. Mais la mesure la plus efficace, une taxe sur le charbon, proposée par le secrétaire général du parti SPD Sigmar Gabriel a été renvoyée aux calendes grecques. Et pour couronner le tout, une étude qui vient d’être publiée par l’Institut pour l’Ecologie et la Politique de Hambourg (Ökopol), montre du doigt l’industrie du charbon dans un autre domaine. L’Allemagne rejette quelques 10 tonnes de mercure par an – un poison qui entraîne des pathologies graves , le « poison qui rend fou » . Elle se range ainsi parmi les pires pollueurs européens aux côtés de la Pologne et de la Grèce. Soixante dix pour cent proviennent en effet de l’industrie du charbon…

Quant à la France, elle est à la traîne. La loi sur la transition énergétique d’août 2015 fixe un objectif de 32% d’énergies renouvelables en 2030 – davantage que les 27% prévue par l’UE – dont 40% d’électricité renouvelable en France. Or pour l’année écoulée (2014-2015) les énergies renouvelables (EnR) ont couvert 19,3 % de la consommation électrique française (métropole). Il va falloir se dépêcher. Sauf que les investissements dans ce domaine ont fondu de moitié en 2015 ! La France se repose sur ses lauriers nucléaires…

Bref, il y a matière à discussion. Et peut-être découvrirons nous à l’occasion de cette soirée des perspectives franco-allemandes pour un avenir vert. A suivre…

Copyright elisabeth cadot

 

(1) Si vous voulez – et pouvez – vous rendre à cette conférence : elle a lieu le vendredi 22 janvier à 19 heures à la Maison de l’histoire de Bonn Haus der Geschichte), Willy-Brandt-Allee 14. L’inscription doit être faite sous kultur.institutfrancais@uni-bonn.de

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