Etre mère… un sacré boulot en Allemagne

Il y a quelques jours mon journal posait un problème crucial : peut-on – dans le quartier bobo de Prenzlauer Berg (Berlin) – allaiter en public oui ou non ? Grave problème, s’il en est…Evidemment cela change des débats politiques qui nous plombent le moral à tous en ce moment. Mais surtout cela pose une question, celle de la place des mères aujourd’hui dans la société allemande…et ça, ce n’est pas une mince affaire !

Quand je suis arrivée en Allemagne dans les années quatre-vingt, la mère de famille qui osait quitter ses enfants pour aller travailler était un objet d’opprobre. On avait des noms « délicats » pour la désigner comme mère corbeau (Rabenmutter) ou « femme carriériste » (Karrierefrau). « Carriériste » la vendeuse dans un grand magasin, la coiffeuse ou la secrétaire à mi-temps? Mes amies étrangères et moi-même nous nous en étranglions ! Les enfants « abandonnés » étaient appelés des enfants-à-clés (Schlüsselkinder) parce qu’ils portaient la clé de la maison autour du cou pour pouvoir rentrer chez eux. Bref, l’Allemagne baignait dans une idéologie tyrannique et bien ancrée dans la société. Combien de fois ai-je entendu cette réflexion : « je ne mets pas des enfants au monde pour qu’ils soient éduqués par des étrangers (fremderziehen) – comprenez à l’extérieur . » Celles qui le faisaient parce qu’elles travaillaient devaient donc, de manière implicite, se justifier. Mais elles étaient aussi mal vues dans le milieu professionnel parce que rien n’était adapté à ce statut.

Le système scolaire par exemple : pas de cantine dans les écoles, fermeture vers 14h. Dans le meilleur des cas, les femmes avaient droit à un petit mi-temps. « Vous ne ferez jamais changer ce système, » m’avait lancé à la figure avec une certaine violence une nounou chargée de gosses huppés. Ce n’était pas mon intention ! Pourtant la violence m’avait surprise. Comme s’il s’agissait de fronts qu’il fallait défendre. Des experts ont analysé les ressorts de cette méfiance : sans doute les mauvaises expériences de l’endoctrinement nazi, suivi par le socialisme que l’on pouvait observer de l’autre côté du Mur…Mais ce que l’on ne disait pas : le système de crèches en entreprises de la RDA permettait justement aux femmes d’avoir de nombreux enfants.

Un choc salutaire

La situation a-t-elle changée ? Certes. Les écoles sont ouvertes jusqu’à 16h00. Les crèches se sont multipliées y compris pour les tout-petits. Les parents ont même un droit légal à une place. Ce qui ne veut pas dire qu’il soit très facile d’en obtenir une à proximité de son logement. Il paraît naturel pour les jeunes femmes de travailler – au moins à mi-temps et après un congé parental plus ou moins long. Et surprise même, celles qui ne le font pas sont un peu montrées du doigt, comme me l’a affirmé une jeune femme qui avait pris un congé-parental de 3 ans. Pourquoi ce changement de mentalité? Tout d’abord – cela paraît un peu loin du sujet mais il ne faut pas le négliger : le choc de l’étude PISA de 2001 démontrant les faiblesses du système scolaire allemand : dans la tranche des jeunes de quinze ans, un élève sur quatre n’était pas capable de lire ou d’écrire correctement. Les résultats d’ensemble se situaient en dessous de la moyenne internationale. Tout à coup les Allemands ont dû ouvrir les yeux et remodeler de fond en comble leur système éducatif : la durée du temps de présence dans les établissements scolaires avant 15 ans a été aménagée. Mais plus de temps encadré à l’école, c’est plus de temps pour les mères au travail. Et puis ces dernières années, la menace démographique s’est concrétisée avec le départ à la retraite des papy boomers. Là encore, les pouvoirs publics ont dû faire des efforts et faciliter l’accès au travail des mères en multipliant l’ouverture de crèches et d’école à temps plein. Cela a porté des fruits.(Le taux de natalité est remonté pour la troisième fois consécutive – 1,47 enfants par femmes en 2014)

Parents Latte Machiatto

Alors les positions idéologiques ont-elles disparu? Pas tout à fait. Elles se sont simplement déplacées. En 2006, l’ancienne présentatrice de la télévision allemande Eva Herman n’a pas hésité à publier un ouvrage Le principe d’Eva (Das Eva Prinzip) prônant le retour au schéma classique : papa au boulot, maman au fourneau ! Une énorme controverse s’en est suivie…Plus récemment une jeune journaliste exaspérée Anja Meier dénonce une glorification excessive du statut de mère. Son ouvrage a un titre assez emblématique : « Laissez-moi passer, je suis mère » (Lassen Sie mich durch, ich bin Mutter) paru en 2011. Cette mère-là est tellement dominante qu’on l’a même surnommée la « mère de combat » (die Kampfmutter).

WP_20160224_13_11_40_Pro (3)

La redoutable poussette maniée avec virtuosité par la mère de choc-bobo

Et son arme de choc serait la poussette ! Et oui, d’où le titre de l’ouvrage. Alors explication : Lorsque ces mamans se baladent à deux ou plus sur le trottoir, les piétons n’ont qu’à bien se tenir. Il n’y a en effet plus de place ! Et clairement, elles n’ont pas la moindre intention d’en faire.
Plus sérieusement le triptyque maternité ostentatoire, enfant roi et style de vie bobo… pour Anja Meier c’est trop. Elle dénonce ces « parents Latte macchiato » qui se retrouvent à l’heure du brunch ou du café dans les quartiers branchés des grandes villes allemandes et  bloquent le passage aux clients ordinaires « avec leurs chaises et tables organisés en forteresses ». C’est sans doute cette forme de désinvolture qui a provoqué la réaction du cafetier de Prenzlauer face à la cliente qui voulait allaiter dans la vitrine de son établissement. Et, poursuit Anja Meier, « celles qui voudraient simplement prendre un café avec une amie, semblent appartenir à une génération de mères archaïques refusant d’enfanter et à ce titre complètement ignorées. » Il s’agit pour elle d’une « dictature de la famille ». Bref, sous ses airs modernes et cools, cette génération aurait développé un modèle tout aussi tyrannique pour les femmes que celui des conservateurs autrefois. Avec comme devise implicite, adapte-toi ou tu es exclue…Le contrôle social du groupe est important…

Le tabou de la maternité heureuse

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Le chien du bac à sable a l’air de s’ennuyer. Certaines mères aussi!

C’est sans doute pour se débarrasser de cette chape, que de jeunes femmes ruent dans les brancards, comme Sarah Fischer, d’origine philippine. Elles veulent briser un tabou (1): avouer que le statut de mère est pesant, ce qui ne les empêche pas d’aimer leur enfant. Le titre de son dernier ouvrage ne laisse aucun doute : le mensonge du bonheur maternel : regretter la maternité. Pourquoi j’aurais préféré être un père. Et elle avertit dans sa présentation: « Une femme qui ose dire cela en Allemagne doit avoir le cuir épais… Elle doit pouvoir supporter d’être regardée de travers ». En réalité, Sarah Fischer se plaint des efforts que doit faire la super-maman germanique : par exemple réaliser soi-même les cartes d’invitation pour l’anniversaire du rejeton plutôt que de les acheter rapidement, cuire elle-même le gâteau qu’il faudra amener au jardin d’enfant plutôt que se fournir à la pâtisserie du coin etc… mille obligations (dont j’ai un très mauvais souvenir) dictées par la société car , dans cette vision, il faut s’appliquer à être mère et savoir renoncer à ses ambitions personnelles ! « Une mère ne fait pas cela »  est une phrase typiquement allemande, estime-t-elle. Alors – une fois n’est pas coutume – Sarah Fischer cite la France (et les pays scandinaves) comme modèle…celui d’une maternité plus naturelle et moins alourdie du désir de bien faire !

Copyright elisabeth cadot

1.Die Mutterglücks-Lüge : Regretting Motherhood. Warum ich lieber Vater geworden wäre.(Ludwig Verlag, Februar 2016) Cet ouvrage se situe dans un mouvement international de mise en question de la maternité comme le No-kidding au Canada, l’étude de la sociologue israélienne Orna Donath parue l’année dernière et intitulée Regretting Motherhood ou le livre-brûlot de la psychanalyste Corinne Maier « 40 raisons de ne pas avoir d’enfants ». Il s’agit de briser le tabou sur le bonheur de la maternité et de donner la parole à celles qui en souffrent. Ce discours ne fait pas toujours dans la nuance…

Publicités

18 réflexions au sujet de « Etre mère… un sacré boulot en Allemagne »

  1. Point 1: L’Etude PISA n’a rien à faire avec les heures d’école. Ce sont les études à l´école qui n´ont plus la qualité d’autrefois. Un des problèmes est que souvent les parents discutent trop avec les professeurs et leur disent ce qu’ils eux peuvent ou ne peuvent pas faire. En plus en France les jeunes adultes ont plus de problèmes avec l´alcool (peut-être parce que les parents ont été absents…?). Moi aussi je suis une mère; j’ai travaillé mais pas trop, parce que je ne suis pas une machine à faire des enfants et je ne voulais pas confier leur éducation à d d’autres mains. Mais, j´ai eu moins d´argent que d’autres. Ça, c´est aussi un problème aujourd’hui. Beaucoup de mères, plutôt que de rester chez elles, pensent d’abord à elles-mêmes. Elles veulent faire des études, elles veulent gagner beaucoup d´argent, pour elles-mêmes mais aussi pour offrir beaucoup de choses à leurs enfants (sans demander si les enfants ont besoin tout ça), elles veulent tout. Pour cela elles mettent les enfants dans des garderies (« Hort ») ou ils ne travaillent pas beaucoup, ou ils grossissent et ne voient pas leurs parents. Lesquels le soir sont fatigués de tout le stress et mettent les enfants devant la télévision…
    Bien sur, il y a aussi les mères latte macchiato, mais elles ne sont pas le problème et si elles ne travaillent pas du tout, elles doivent en tirer les conséquences….

    J'aime

    • L’article que vous commentez étant argumenté, raisonné et construit, il est dommage d’y répondre avec des stéréotypes infondés et ridicules qui semblent etre la base de l' »argumentation » de la population allemande qui réduit les femmes a leur fonction reproductrice.
      Les enfants mangent trops, finissent obeses et les parents les mettent devant la télé????? Au secours…

      J'aime

  2. Intéressant ce billet, Elisabeth. Ce que tu dis sur la pression qui pèse sur les mères, c’est assez juste. Et je pense que c’est (peut-être) plus simple en France. Finalement, les rôles dans la famille y sont moins chargés symboliquement. Globalement, le fait d’être un homme/un père ou une femme/une mère, c’est assez complexe dans la société allemande.

    J'aime

  3. ça donne bien envie de prolonger la discussion en mode inter-générationnel et comparatif … ça va causer dans les chaumières … en tous cas le Laissez-moi passer, je suis mère, ici en France, c’est pas trop l’ambiance…

    J'aime

  4. Ayant vécu toutes les expériences si bien dépeintes par Elisabeth, je ne peux qu’approuver ses propos à 100 % . mes enfants étaient aussi des « Schlüsselkinder » et un des professeurs de mes jumeaux ne manquait jamais une Occasion pour leur faire ressentir leur situation peu enviable à ses yeux il y a de cela 35 ans ! Je ne voulais pas gagner plus d’argent pour m’offrir quoi que ce soit ni « pourrir » mes enfants, je devais simplement travailler après la naissance des jumeaux car 3 enfants à nourrir Avec un seul salaire moyen sans vouloir avoir recours à l’aide sociale c’était impossible … et ce doit encore l’être actuellement.
    C’est un aspect qui dicte bien souvent l’activité professionnelle des méres.

    J’ai continué à travailler a mi-temps après le premier enfant, car j’aurais eu l’impression de trahir mes parents qui s’étaient saignés pour me payer de bonnes études… Les choses ont évolué, Elisabeth a Raison, ma belle fille a pu avoir une place dans un quartier proche de son domicile, elle a pris un congé parental de 2 ans pour la petite derniére et pour elle il était évident de recommencer à travailler quelques heures .

    Sa maman qui a vécu en ex RDA ne comprend pas cette Situation.
    La « dictature » de la maternité moderne est dûe à la contraception, ma génération quittait les parents, se mariait et conséquence logique avait des enfants peu aprè le mariage. C’était dans l’ordre des choses. Aujourd’hui les couples ont la possibilité d’avoir recours à une p lanification familiale. Donc la maternité devient un évènement extra-ordinaire d’autant plus qu’à l’époque actuelle de nombreuses femmes disent « non » á la maternité.
    Je me souviens avoir raté le bus 3 fois de Suite car personne ne m’aidait à monter ma poussette /jumeaux. A la troisième fois je me suis effondrée sur le Trottoir. Nous n’aurions jamais osé nous rencontrer dans un Café à plusieurs mamans de peur de déranger et d’être mises à la Porte. Donc là aussi Elisabeth a Raison de soulever ce phénomène.

    Je pense que dans la société Allemande, les pères ont désormais un problème identique que les femmes. Ils doivent gérer, assumer le statut familial et professionnel.

    J'aime

  5. De mon expérience de père français à Berlin, je citerais les point suivants qui m’ont marqué:
    – Nous sommes peu de collègues et pères de famille qui partageons équitablement le trajet maison-crêche-boulot avec nos épouses. Pour beaucoup ils ne vont chercher leurs gamins qu’une à deux fois par semaine. Le reste du temps c’est la maman qui s’en occupe.
    – Je dois être l’un des seuls à me plaindre que mon enfant est compliqué et que ce n’est pas facile de mener vie de famille et vie professionnelle en parallèle.. Je ne les entends jamais dire quelque chose de négatif de leur progéniture si ce n’est que ce matin le petit dernier les a réveillé à 5h au lieu de 6h.
    – Mon entreprise est par contre très flexible quand les enfants sont malades. Personne ne va vous traiter de feignant si vous rester une semaine à la maison pour rester avec votre enfants malade. J’ai même des collègues qui font ça avec leur enfant ado, ce n’est pas mal vu.
    – Il y a effectivement des Kampfmutter. J’ai remarqué cela surtout dans les transports en commun. Des mères qui rentre de force avec leur poussette dans les trams en bloquant les autres passagers.

    J'aime

    • On peut pardonner aux Kampfmütter leur énergie l’hiver mais dès le printemps il existe des poussettes pliables légères (pas de marque!) souvent utilisées par les Parisiennes et qui n’embouteillent pas complètement les bus ou trams!

      Aimé par 1 personne

    • bonsoir Thomas, merci pour votre point de vue masculin, francais, mon fils plus qu’allemand que francais a la même sensation que vous. Lorsque mes enfants étaient jeunes j’avais des collègues que je dénommais de « super super »… tout était formidable, alors que « chez moi » !!! lIL y a peut être une explication.. Les francais sont plus extravertis, plus spontanés et la séparation entre la vie de tous les jours et la vie professionnelle est plus floue. Donc pas de panique , les petits tracas que nous causent les enfants sont tout à fait normaux.
      – je peux me permettre de mettre mon grain de selpuisque grand mère et depuis 43 ans en Allemagne !

      Aimé par 1 personne

  6. Chère Elisabeth, ton analyse est très perspicace, elle souligne bien le tiraillement intérieur de ces nombreuses femmes allemandes, académiciennes et mères, qui veulent à tout prix réussir au travail comme au foyer. Heureusement la société a évolué ces dernières années: il y a plus de crêches qui accueillent les enfants durant toute la journée et il y a plus de possibilités de travailler à mi-temps. Et celles qui reprennent le travail un an après la naissance de leur enfant ne sont plus aussi souvent marginalisées voir ouvertement critiquées qu’il n’y a encore quelques années. Mais dans la plupart des cas, ce sont toujours les femmes qui travaillent mi-temps et ce sont elles qui gèrent la plus grande partie de l’organisation familiale, qui s’occupent des devoirs, des activités sportives, musicales etc.. de leurs enfants et qui restent à la maison quand les petits sont malades.. Le résultat: leur carrière professionelle stagne et le risque de se retrouver dans une situation financielle précaire en cas de divorce est réel. Ceci est le résultat des lois allemandes qui offrent la possibilité de retrouver sa place de travail après trois an de pause familiale (Erziehungszeit) et des avantages du système fiscal qui permet aux couples mariés de réduire les impôts sur le revenu le plus élevé (le mari en général) tout en augmentant les impôts sur le deuxiéme revenu. Ces deux facteurs ont pour effet de réduire considérablement la retraite des femmes, car d’une part elles travaillent moins d’années en tout et d’autre part leur salaire est souvent bien moins élevé que celui de leurs époux. Il y a donc encore un bon bout de chemin à faire pour atteindre une certaine égalité…

    J'aime

    • Merci pour ce commentaire : j’avais effectivement mis de côté dans mon papier les deux aspects que tu évoques et qui sont cruciaux. D’abord la réforme du divorce de 2008. Les enfants devenant prioritaires dans l’attribution de la pension alimentaire, en cas de faibles revenus de l’ex-conjoint, la femme au foyer peut se retrouver démunie. Et de surcroit, le régime fiscal allemand favorise et considère encore le père comme contributeur principal du foyer. On ne s’étonnera donc pas que la pauvreté se conjugue beaucoup au féminin…

      J'aime

  7. Merci pour cet article qui a réveillé pas mal de souvenirs de l’époque de la naissance de mes enfants (fin 70, début 80). Pensant que les enfants font partie de la vie et sans me poser la question cruciale que les futures mères allemandes se posent: travail ou enfant, je me suis retrouvée avec un bébé ( plus ou moins planifié) que j’envisageais de confier à une nourice dès que je reprendrai mon travail que j’aimais et qui jouait un rôle important dans ma vie. Je me suis donc adressée au Jugendamt (bureau de l’enfance), institution supposée aider les jeunes parents confrontés à ce genre de problèmes.

    A ma grande surprise, on m’a expliqué que puisque j’étais mariée, il n’y avait aucune raison de travailler (mon mari devait pourvoir à mes besoins et aux besoins de notre enfant!). Donc, pas d’aide pour trouver une nourice, puisque c’était mon probleme privé (et mon luxe!), de travailler ou pas. Après ce premier choc, les autres ont suivi – et j’ai vite compris qu’une maman qui travaille est mal vue dans ce pays.

    Depuis, les choses ont pas mal changé, mais j ai toujors des problèmes à comprendre l’attitude des mères allemandes. Je ne comprends pas pourquoi il est a prioris mauvais pour un enfant que d’autres personnes que la maman, s’ occupent de lui. Pourquoi ça doit être la mère, 24 heures sur 24?

    Je ne comprends pas pourquoi certaines mères renoncent à tout lorsqu’elles ont un enfant comme la meilleure amie de ma fille. Depuis qu’elle est maman, elle ne sort plus le soir, ne fait plus le ménage, cuisine très peu et très rarement, parce qu elle a l’enfant toute la jornee dans ses bras, ou comme elle dit « sur le corps »- am Körper! J ai l’impression que la question qui se pose n est plus: « le travail ou l’enfant  » mais  » la vie ou l’enfant »!

    Ou est ce une question de mentalité?Les Allemands font tout à fond et parfaitement..Les enfants aussi?

    Encore une petite remarque à la fin, pour illustrer la difference entre la France et l Allemagne. On France, on s’étonne lorsqu’une femme quitte son travail pour se consacrer à l’enfant et à la famille. En Allemagne c’est tout le contraire, on a du mal à comprendre la femmes qui confie ses gosses aux « étrangers »…Peut être moins qu’avant?

    Aimé par 1 personne

    • Oui Mirah,, nous sommes de la même génération et comme je l’ai dit j’ai eu les mêmes problèmes … mais avec 3 (dont les jumeaux). Les jeunes femmes considèrent des enfants comme étant l’essence de la vie, un enfant est la consécration de la vie, mais je pense que cela vient du fait qu’un enfant est désormais planifié, souhaité. Pour notre génération avoir des enfants n’avait rien d’exceptionnel.

      Mais c’est vrai que je n’ai pas vraiment d’explications. J’ai toujours tenu à rester moi même , même avec des enfants.

      les enfants nous accompagnent pendant un certain laps de temps, ensuite ils vivent leur vie et il est certainement préférable de toujours y penser , au risque de tomber dans la dépression ou devenir mère envahissante . IL sont une partie de notre vie, mais ne peuvent pas à eux seuls représenter tous les aspects de la vie.

      Le féminisme différemmet compris et appliqué en France et en Allemagne joue peut être un rôle.
      MERCI à Elisabeth pour ce choix de sujet

      J'aime

  8. J’ai l’impression d’être d’une génération en dessous de la plupart des commentateurs et trices et je dois avouer, pour avoir étudié en France et en Allemagne, que pour les mères étudiantes, c’est la joie dans aucun système: il n’y a pas de crèches dans les facs, les horaires sont mal faits et peu flexibles pour les parents et pour les mères qui élèvent leur enfant seules, c’est vraiment galère. Si elles doivent bosser pour subsister aux besoins de l’enfant, ça veut dire amener l’enfant à la crèche le matin, aller à la fac ensuite, ramener le gosse de la crèche, faire à manger, le voir quelques heures, faire les devoir, le mettre au lit, réviser ses cours, partir bosser de nuit. Pire dans tout cela, il faut caler, l’administratif, le ménage, les courses, le quotidien quoi. J’ai une amie dont c’était ça le quotidien en Allemagne (d’ailleurs je vais lui montrer l’article). En France j’ai croisé un père dans mes cours qui m’a dit tranquillement, sans gène qu’il a une fille mais qu’il ne l’a pas reconnue. Donc voila. Il étudie en mode relax. Et on a une mère beaucoup plus âgée que nous, qui a déjà une longue carrière artistique derrière elle et dont l’enfant a déjà 7ans. Mais du coup elle arrive souvent avec de gros retards en cours, parce que quand même c’est compliqué de conjuguer vie professionnelle-vie étudiante et enfants. Et vie étudiante et enfants semblent imposer vie professionnelle ou revenu.
    Et ça, c’est galère dans n’importe lequel des deux pays. Et je trouve ça fou, qu’en plus, dans les cours, on culpabilise les mères si elles arrivent avec leurs enfants alors que l’institution ne met aucune (!) structure en place pour les soutenir! Donc ça semble être une autre règle: les gosses on doit les faire mais seulement à partir d’un certain moment de la vie. Dans les études c’est mal.
    Tous les profs ne réagissent pas comme ça, il y a des exemples positifs heureusement: http://www.huffingtonpost.ca/2015/05/14/professor-crying-baby_n_7283634.html

    Et sinon cette histoire de père qui réagissent différemment m’a fait pensé à cette vidéo de Gad El Maleh sur « Le blond » (un hasard? Je ne crois pas) et les manières d’éduquer son enfant de manière différente. Je trouve que c’est très applicable à une version française et allemande. La française montrant des pères simplement plus humains, peut être?
    Le moment sur les pères arrivent à 1’59:

    J'aime

  9. Vivant à Berlin, dans un quartier dit à la mode et qui pullule d’enfants en bas-âge, je nage dans cet univers de parents parfaits. Et père depuis un an et demi, j’ai bien du mal avec cette folie qui règne ici autour de l’enfant. Cela va de la poussette, aux vêtements fonctionnels en passant par le choix de la crèche.
    Dans la rue en mode poussette avec mon petit, les regards lancés par les « Latte Macchiatto Mütter » est bien plus inquiétant qu’un procureur lors de son réquisitoire. Comme s’il s’agissait d’une olympiade permanente du meilleur parent. Concours au cours duquel il est d’ailleurs impossible au père de gagner. Malgré le congé paternel pris, la réduction du temps de travail, etc., le compromis fait sur les vêtements fonctionnels au détriment du style (snif), pour ces mères berlinoises les pères ne leur arriveront jamais à la cheville.
    Comme si, une fois parents, elles répétaient le schéma de la ville moyenne du sud de l’Allemagne où elles ont grandi : mère omniprésente, allaitement, crèche pas avant trois ans, sortie de la vie professionnelle, poussette à 1000 euros, abandon total de leur identité pour n’être que maman, costume pour le carnaval obligatoirement fait maison et j’en passe.
    Et quand je dis à ces mères, que je suis français, que mes parents m’ont mis chez la nourrice à l’âge de deux mois, de 8h à 19h, 5 jours par semaine, leur regard en dit très long : « mon pauvre, je comprends mieux maintenant tes problèmes ». Bah en fait, ça va plutôt bien merci. Je me demande juste comment seront vos gamins à 12 ans. Ça ne peut que très mal finir…

    J'aime

  10. Intéressant cet article ! La tendance des mères à se mettre la pression en voulant toujours plus et toujours mieux pour leur enfant est un phénomène que l’on retrouve un peu partout aujourd’hui, aux USA et en Corée aussi.

    Je crois que beaucoup de mamans françaises d’aujourd’hui ressentent beaucoup de pression et de culpabilité parce qu’elles ont tendance à partager les mêmes valeurs / aspirations à la perfection que les Latte Machiato Mütter allemandes (allaitement long, nourriture bio faite maison, recherche d’activités sociales etc.) tout en menant de front leur carrière.

    En tout cas ici à Séoul, entourée de différentes nationalités, je me suis rendue compte que la reprise du travail en France, qui a généralement lieu quand le bébé a 3-4 mois, voire 2mois et demi, et qui était pour moi la norme, était une exception française. Dans d’autres pays, les femmes qui reprennent le travail le reprennent plus tard, vers les un an du bébé par exemple.

    J'aime

  11. Ping : Etre une femme libérée, tu sais c’est pas si facile – Le Bretzel Fringant

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s